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Impact

Impact sur la santé

 

Tony Attwood estime entre 18 % et 23 % le nombre d’adolescentes anorexiques qui présenteraient des caractéristiques du SA. Il existe certaines raisons de développer des troubles de l’alimentation :

- Faible estime de soi

Surveiller son poids fait partie de l’adaptation aux autres. Probablement le plus gros facteur de motivation. Si une fille est appréciée pour sa ligne et sa silhouette, peut-être en oubliera-t-elle sa forme d’autisme. Les anorexiques seraient d’ailleurs bien perçues pour leur abstinence. Un moyen d’attirer l’attention et de se faire des amis ?

- Faible seuil de stress

Les hypersensibles ont un système nerveux délicat au quotidien (surcharge sensorielle, confusion, pression par le temps, exigences scolaires/professionnelles/familiales/sociales). Les anexoriques seraient ainsi victimes de leur stress. Constamment en alerte rouge, elles voient leur appétit disparaître, alors que les boulimiques doivent se forcer à purger.

- Abus

Certaines sont victimes de harcèlement.

- Contrôle de soi

Comme pour les TOC, le contrôle de son corps est lié à une gestion négative de l’anxiété à éliminer. Pour une Aspie, ce peut être à la fois un besoin et un trait de personnalité. C’est une question d’équilibre. Un moyen de compenser les calories. Il faut un modèle pour estimer la quantité nécessaire.

- Focalisation extrême & perséverance.

Les Aspies aiment les diagrammes et compter les calories peut être un hobby.

- Goûts personnels

Il est difficile de changer ses opinions sur soi-même et sur son corps.

- Filtre mental

Comme une personne avec TOC absorbe l’information sur les bactéries sans aucune discrimination et grossit 100 fois le danger, on le fait avec les graisses (ex. une cuillère de beurre ou d’huile d’olive). Les Aspies peuvent se rassurer en lisant des résultats scientifiques ; d’autres peuvent interpréter des faits trop littéralement. Il suffit de lire que sa population prend du poids pour se sentir incluse.

Intolérance au gluten

Qu’est-ce que le gluten ?

Le gluten est une molécule qui colle les grains de farine entre eux ; le pain, les cakes et les crêpes ne sont pas friables et donnent une pâte souple et élastique. Certaines céréales telles que le blé, l’épeautre, l’orge ou le seigle contiennent naturellement du gluten. On retrouve le gluten en plus grande quantité et partout : pain, biscuits, pâtisserie, jambon (à cause des additifs).

Les symptômes

Côlon irritable, reflux gastrique, gastrite, rectocolite inflammatoire, ballonnements, diarrhée, sensation d’être barbouillé, grosse fatigue, maux de tête.

Allergique ou intolérant ?

Beaucoup de gens ne savent pas qu’ils sont intolérants au gluten contrairement aux allergiques. Les intolérants vont développer des maladies silencieuses qui ne sont pas encore, dans la médecine actuelle, forcément liées au gluten. Comme grand exemple, le syndrome du côlon irritable. Car pourquoi le gluten fâche notre corps ? Ces molécules « collées » ne sont pas digérées par les enzymes gastriques qui n’arrivent pas à les séparer (et l’estomac produit alors plus d’acide et engendre des reflux) et passent donc directement ainsi dans notre intestin. Notre intestin perçoit le gluten comme un intrus et envoi des anticorps pour le combattre ce qui détruit à force la paroi intestinale qui ne peut plus retirer les nutriments des aliments et finit par provoquer des carences alimentaires et baisser l’immunité. Pire, à force d’irritation, les nutriments passent à travers la paroi de l’intestin et on risque des maladies bien plus graves pouvant dégénérer jusqu’au cancer.

L’autisme et le gluten

Il s’avère que le gluten produit des toxines qui vont ensuite bloquer les neuro-transmetteurs (c’est le cas aussi pour certains avec les produits laitiers), d’où l’intérêt de s’en priver. Pour certains, avec les probiotiques, qui ont aussi un effet positif sur les symptômes, ils n’ont plus aucun comportement autistique. Apparemment, dans certains cas d’autisme, il faut vraiment prendre en compte l’alimentation! Pour d’autres, ça améliore la perception de l’environnement et les comportements.

Comment savoir si on est concerné ?

Si vous avez plusieurs symptômes décrits plus haut, privez-vous de deux semaines de gluten et faites l’essai de remanger un plat comme des pâtes. Si vos problèmes resurgissent, vous faites une intolérance. Vous trouverez des sites Internet avec la liste des aliments autorisés et des recettes.

Budget

Il n’est pas forcément compliqué de manger sans gluten (viande, légumes, riz) ; il y a de plus en plus de pâtes dans le commerce sans gluten, qui coûte plus cher. Le problème du gluten est surtout dans les repas du soir et le petit déjeuner, car on a tendance à manger du pain, des viennoiseries, etc. On peut trouver dans les magasins bios des pains sans gluten. Il suffit de transformer son petit déjeuner en une alimentation de fruits (bananes, pomme). Pour le midi, c’est plutôt facile (viande, légumes, riz). Il y aussi des farines sans gluten pour faire son pain et ses pâtisseries. Cela prend du temps, mais ça deviendra cher à partir du moment où vous avez toute une famille à nourrir. La CPAM rembourse une partie des dépenses alimentaires des personnes reconnues comme allergiques ou intolérantes.

Risque de dépression à l’adolescence

Aux Etats-Unis, 1 enfant sur 68 (ou 14,7 pour 1000 enfants de 8 ans) dans plusieurs communautés a été identifié comme porteur de troubles du spectre autistique (TSA). Les garçons seraient 5 fois plus touchés que les filles : 1 garçon sur 42 contre 1 fille sur 189. Les garçons sont orientés vers un spécialiste et identifiés en grand nombre à l’école, mais pas les filles, qui obtiennent un diagnostic plus tardif. Beaucoup de femmes n’obtiennent donc pas le soutien qu’elles méritent. Malheureusement, cette différence persiste et n’est toujours pas comprise. En conséquence, peu de recherches ont été effectuées sur les filles avec TSA. Par ailleurs, les résultats actuels sont complexes et souvent difficiles à interpréter. Les interventions cliniques et éducatives basées sur les recherches effectuées chez les garçons risquent d’être inappropriées.

Les conséquences d’un diagnostic inexistant ou tardif peuvent conduire à l’isolement, au rejet, à un diplôme moins élevé et un risque élevé au niveau de la santé mentale et de la détersse (anxiété, dépression) pendant l’adolescence et à l’âge adulte. Il y a donc un besoin urgent de comparer les filles avec TSA aux neurotypiques pour mieux comprendre ce que signifient les TSA chez une fille. En plus de comprendre cette inégalité des genres, une question d’ordre clinique est de savoir si les filles avec TSA ont un risque élevé de troubles affectifs. Les personnes avec TSA développeraient une psychopathologie associée (ex. dépression). La dépression est une des comorbidités les plus observées, en particulier les jeunes (AHN). Ainsi, selon une étude sur les conditions psychiatriques chez les jeunes adultes avec TSA, 70 % ont vécu au moins un époisode de grande dépression et 50 % ont témoigné d’une dépression récurrente.

Bien que les neurotypiques soient exposés à des degrés similaires de dépression à l’enfance, le risque de troubles assimilés chez les filles augmente fortement à l’adolescence. Ainsi, les filles avce TSA peuvent être exposées à un risque extrêmement élevé en la matière. Une étude du Journal of Autism and Developmental Disorders a comparé l’autisme et les symptômes assimilés chez des filles et des garçons de 8 à 18 ans avec TSA et des filles et des garçons neurotypiques. Les garçons et les filles ont des altérations similaires. Cependant, les filles avec TSA différaient fortement des filles neurotypiques en termes de langage et d’habiletés sociales et semblaient exposées à un risque plus élevé que les filles normales et les garçons avec TSA aux symptômes assimilés. Ainsi, être une femme porteuse d’un trouble neurodéveloppemental peut représenter un risque exceptionnellement élevé. Des interventions psychotropiques, comportementales et cognitives sont essentielles à la qualité de vie interpersonnelle, et à la réduction des issues négatives associées à la dépression à l’adolescence. Les filles avec un diagnostic de TSA doivent être dépistées et suivies de près en termes de symptômes associés. En outre, les médecins doivent se poser la question des TSA en cas d’anxiété ou de dépression. Quand une fille fait preuve d’immaturité émotionnelle, a des intérêts restreints, un contact visuel limité, des comportements répétitifs, de l’isolement social, et est perçue comme « atypique » ou « anormale », la possibilité d’avoir des TSA devrait être prise en compte.

En termes de traitement, les stratégies comportementales et cognitives ont fait leurs preuves chez les enfants AHN et peuvent êtres adaptées à la dépression. Les techniques de thérapie interpersonnelle doivent aussi être efficaces dans le traitement des adolescents normaux contre la dépression. En outre, les interventions individuelles et collectives en habiletés sociales sont probablement plus appropriées chez les enfants et adlescents avec TSA, en termes de socialisation et de communication. Le besoin de sensibilisation, de dépistage, d’identification et d’interventions se fait sentir chez les filles. Enfin, il faudrait savoir dans quelle mesure les filles avec TSA dans la société sont moins touchées et/ou identifiées que les garçons. Beaucoup de femmes ont vécu des années sans se comprendre, et le diagnostic aurait pu changer leur vie. Ce sentiment de vivre dans la différence, de ne pas entrer dans le moule et d’être rejetée n’était pas le fruit de leur imagination mais le résultat d’un diagnostic manqué.

Beaucoup peinent alors à trouver leur place dans une communauté et arrêtent l’école à 14 ou 15 ans et développent d’autres problèmes de santé mentale à cause de toute cette pression par trop de pression. Avec un diagnostic, elles auraient pu obtenir le soutien adéquat.

 

Voici le parcours type d’une Aspergirl en manque de compréhension en milieu scolaire :

 

Maternelle : difficulté à se faire des amis, maux de ventre en allant à l’école d’angoisse, peurs de tout, angoisse élevée, pleurs pour des broutilles car toujours surstimulée.

Primaire : angoisse des règles imposées par l’école, surcharge émotionnelle continue à cause du social (moqueries, non compréhension, jeux de garçons), angoisse lors des voyages scolaires (changement d’environnement et séparation des parents vécue en dépression totale).

Collège-lycée : pas les mêmes centres d’intérêts, plus proche des garçons que des filles de son âge, ne sais pas toujours comment réagir, activité sociale en dents de scie (entourée puis seule), quiproquos, conflits avec les professeurs et sentiment total d’incompréhension, stress physique de devoir se lever tôt le matin, impression de subir ma vie sans échappatoire, obligation de faire comme tout le monde pour être intégré, être confrontée tous les jours à ses complexes physiques

Université : stress de ne jamais avoir assez de temps pour réussir, organisation maniaque, obsession pour mes études et tout ce qui tourne autour, conflits sociaux avec certaine personne m’isolant de temps en temps des groupes. Face à toutes ces pressions, quand vous n’avez aucune liberté de penser ou de mouvement, on s’enferme dans des routines ou des réflexes pour rendre le quotidien plus supportable. La motivation s’effiloche et mon envie de travailler correctement aussi.