aspergirl | Diagnostic et test
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Le combat des femmes Asperger pour obtenir un diagnostic

Dix fois moins de diagnostics sont effectués chez les femmes que chez les hommes. La démarche peut être floue chez ces dernières, qui ont du mal à être orientées vers un spécialiste par leur médecin traitant. Les diagnostics fiables sont difficiles à obtenir hors des Centres de Ressources Autisme (CRA). Les enfants y sont prioritaires. La demande pour un adulte peut s’étirer sur plusieurs mois ou années. Les mécanismes d’adaptation employés par les femmes « masquent » le handicap et peuvent être un obstacle au diagnostic et à l’accès aux services publics. La présence des compétences socio-communicatives de bonne qualité (regard, expressions faciales, mimiques, gestuelle émotionnelle, ajustement postural et comportemental), les aspects sociaux et pragmatiques du langage (double sens, accès à l’implicite, compréhension du sous-entendu, la présence d’expression, un usage social du langage correct) conduisent souvent à un bilan qui ne parait pas justifié. Et pourtant, on peut être Aspie et avoir une voix vivante, un bon contact visuel et une bonne compréhension des sous-entendus.

Une mesure d’efficacité peut être appliquée par l’auto-identification pour obtenir un diagnostic. Si la majorité des femmes ont un diagnostic officiel de TSA/syndrome d’Asperger, certaines s’identifient comme porteuses de TSA mais n’ont pas eu de diagnostic, n’ont pas cherché à avoir un diagnostic ou ont eu une évaluation mais pas de diagnostic, pensant que leur psychologue n’a pas une vision juste de leur condition. La plupart ont obtenu un diagnostic par le soutien de la Sécurité sociale, certaines ont financé elles-mêmes leur diagnostic et une petite minorité ont bénéficié du soutien d’une association.

Petites, elles sont très calmes et intériorisent tout. Elles évitent les situations. Que d’années gâchées par une souffrance inutile. Que de colère vis-à-vis de soi-disant professionnels qui ne connaissent rien au syndrome et se trompent allègrement : si l’on testait toutes les femmes avec un diagnostic de troubles bipolaires, d’anxiété, de trouble schizoïde, de dépression ou d’anorexie, on s’apercevrait que la plupart ont été mal diagnostiquées et se situent au sein du spectre autistique. Cela exarcebre leur souffrance, leur mise à l’écart et leur incapacité à vivre pleinement leur vie. Tout en posant une « étiquette » ou en rangeant la personne dans une case, le diagnostic libère, il ouvre la porte à un mieux être et à une meilleure connaissance de soi. La « pratique » diffère de la « théorie ».  Ainsi, une femme aspie surdouée va compenser beaucoup mieux ses difficultés grâce à ses facultés cognitives. Elle mettra en place des stratégies d’adaptation très efficaces pour passer inaperçue : l’illusion est parfaite, présenter des problèmes d’hypersensibilité et des difficultés à établir des liens sociaux. Déjà, bon nombre de surdoués font face à ces difficultés. Il occulte donc le diagnostic d’autisme, alors que l’un n’empêche pas l’autre.

Quand on commence à se questionner sur le syndrome d’Asperger à l’âge adulte, il n’est pas évident de savoir vers qui se tourner pour obtenir un diagnostic. Autant pour passer un bilan psychologique, avec test d’efficience intellectuelle, c’est finalement assez simple. Les psychologues au fait des particularités du haut potentiel intellectuel sont aujourd’hui nombreux et ça se trouve tout de même sans trop de difficulté et dans des délais qui restent raisonnables. Pour les questions liées à l’autisme, il en va tout autrement. D’abord il faut savoir que le diagnostic, quand il y a suspicion d’autisme, ne peut pas se faire simplement par l’intermédiaire d’un psychologue ou d’un neuropsychologue. C’est véritablement un point très important à souligner, car certains le proposent, malheureusement, et trompent les gens qui ne sont pas suffisamment au fait de la question. De la même manière que seuls les psychologues et neuropsychologues sont habilités à la passation et l’analyse des tests de QI, seuls les psychiatres sont habilités au diagnostic de l’autisme. Aussi, un diagnostic qui ne serait fait que par un psychologue clinicien (ou neuropsychologue) n’en est pas un. Il serait tout au plus un simple avis, une piste de réflexion, sans aucun caractère officiel. Un réel diagnostic doit impérativement être posé par un psychiatre, en concertation avec d’autres spécialistes (psychologue, neuropsychologue, psychomotricien, orthophoniste, etc. selon chaque cas). Sans cela, rien n’est reconnu et le « diagnostic » n’en est tout simplement pas un. Exactement comme pour le TDA/H. C’est pourquoi ce type de bilan se fait généralement auprès d’une équipe pluridisciplinaire, qui pourra alors confronter et analyser les différentes données recueillies pour rendre des conclusions qui elles seront sûres, officielles et irréfutables. L’identification du syndrome d’Asperger ne se fait donc pas à la légère, ni n’importe où. En France, l’endroit le plus sûr où obtenir un diagnostic digne de ce nom pour un syndrome d’Asperger est donc un CRA.

Un psychiatre peut vous orienter vers le CRA de votre région. On trouve aujourd’hui une proposition d’ « évaluation avant diagnostic » et il est du reste précisé que cette évaluation est réalisée par un psychologue de l’asso et devra ensuite être validée par un psychiatre. Il faut parfois patienter longtemps pour avoir une réponse positive. La question est de valider ou non le sentiment très profond de se reconnaître dans une forme d’autisme. Puis, il faut se présenter 6 mois plus tard pour 2 journées de diagnostic : une partie avec un neuropsychologue, l’autre avec un psychiatre et un interne en psychiatrie ; un test de QI (échelle WAIS-IV), un bilan neuropsychologique complet avec une évaluation des fonctions exécutives et attentionnelles (épreuve de double tâche, test d’attention concentrée, TMT, évaluation des troubles anxieux, etc.) et un bilan de profil sensoriel, plus des tests spécifiques à l’autisme et à la cognition sociale. Pour finir, on passe un entretien psychiatrique et médical qui reprend en détail vos étapes de la vie, le contexte et les antécédents familiaux jusqu’aux grands-parents. Le tout est analysé selon les critères du DSM-IV et le profil ne nécessite pas toujours l’intervention d’un psychomotricien ou d’un orthophoniste.

Un compte-rendu cohérent avec le ressenti et le parcours de la personne permet d’apprendre nombre de choses sur soi et son mode de fonctionnement. Tout est gratuit lorsqu’il s’agit d’un établissement public (CRA, unité spécialisée ou pôle de diagnostic autisme de CHU, etc.) – une attestation de droits à la CPAM en cours de validité est demandée – contrairement aux consultations en cabinet privé. Ceci étant, les psychiatres libéraux sont remboursés par l’assurance maladie, contrairement aux psychologues, aux neuropsychologues et aux psychomotriciens.

 

[VIDÉO] Syndrome d’Asperger, le diagnostic

Je suis juste làhttp://www.festivalnikon.fr/video/2014/1063